Louis Colas Desfrancs est un négociant orléanais[1] qui est en relation avec le port de Nantes d’où il fait venir des denrées coloniales.
Celui-ci est plein d’attentions envers sa mère, Elisabeth. Elle adore les sardines confites. Il fait tout pour la satisfaire. Aussi fait-il remarquer à Tachereau, son correspondant à Nantes, en novembre 1781, qu’il craint que celles qu’il lui a proposées ne soient pas bonnes étant confites dans le vinaigre. Il en serait fâché « non point pour moi positivement mais pour ma mer qui ce fait une faitte d’en manger les aimant beaucoup », (notons que c’est son fils qui tient les écritures). Nouvel envoi en février 1783, il les paye 13 l., prix qu’il trouve trop élevé. Dans sa lettre du 4 août 1785, Louis Colas Desfrancs communique à Tachereau les désirs de la connaisseuse : « ma bonne mament qui me charge de vous faire bien des choses vous prie de songer aux sardinne elle se réjouit d’en manger ; quel soient dans de l’huile finne et non dans du vinaigre ». Il lui en est expédié deux pots pour 30 l.
La mère de Louis Colas Desfrancs était-elle une avant-gardiste ? Toujours est-il que la mode des sardines se répandit, accélérée par une innovation, la boîte de sardines que nous connaissons.
La plus ancienne boîte de sardines, en fer blanc, connue en France date de 1810. Elle porte une étiquette en cuivre estampillée au nom de Joseph-Pierre Colin, un confiseur, nantais précisément. Il est considéré comme le fondateur de l’industrie de la conserve.
[1] Nous en avons retracé le parcours commercial et la vie dans l’ouvrage : « Un Orléanais à la conduite de son négoce, Louis Colas Desfrancs », 2008, éditions La Salicaire.
Formidable de sortir de l’oubli cette histoire. Bravo et merci.
Merci Marie-France, les archives regorgent de perles.