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Procès verbal du submergement d’un bateau chargé de faïence

Aujourd’hui, 29 octobre 1739, nous Antoine Marie Thomas notaire royal à Gien, à la réquisition du sieur Jean Boyer marchand voiturier par eau demeurant à Nevers.

29 octobre 1739

……… « Nous sommes transportez sur le bord de la Rivière de Loire vis à vis la chevrette de Rivotte première écluse du canal de Briarre, où estant ledit Boyer nous auroit déclaré avoir chargé plusieurs bateaux de marchandises de fer acier et fayances en la ville de Nevers suivant les lettres de voitures qu’il a desdites marchandises en datte des quinze et jours suivants du présent mois d’octobre pour les conduire à Nantes et autres endroits de leur destination et étant party de Nevers le quatorze du présent mois avec tout son monde et sesd bateaux n’ayant pu faire de dilligence qu’il en a fait rapport au mauvais temps qu’il a fait depuis son départ il est arrivé avec touz son monde et les bateaux le jour d’hyer environ cinq heures du soir vis à vis l’écluse de Baraban, où en dessendant la Rivière avec sesd bateaux il y en a eu un chargé de quatorze cens douzaines de fayance de l’envoy des Dames Prisy et Chaillot marchandes aud Nevers pour le compte des sieurs  Lasnier Lafargue Gaboury et Moussard marchands fayanciers en lad ville de Nantes qui a touché à cet endroit un bois qui s’est trouvé dans lad rivière qu’il croît être un bout de bâton de marinier qui s’est cassé et dont le bout seroit resté planté dans cet endroit lequel n’étoit point visible étant couvert d’eau que dans le même instant il a avec le monde de son équipe courû audit bateau pour voir s’il n’y avoit point de dommage et s’il ne s’estoit point fait quelque voye d’eau audit bateau, s’en étant effectivement fait à un endroit dudit bateau qui étoit couvert de marchandise et qu’ils n’ont pû voir ils ont crû qu’il n’y avoit aucun dommage audit bateau ce qui les auroit engagé de continuer à dessendre leurs bateaux, mais qu’estant vis à vis de la chevrette de Rivotte ils ont bien été surpris de voir beaucoup d’eau dans ce bateau, ce qui les a fait jetter les ancres affin de pouvoir donner secours et éviter le naufrage cuidant qu’il alloit arriver, à la veue duquel péril il seroit accouru en nombre considérable de personnes qui étoient à la conduitte et en chargement de plusieurs bateaux qui étoient sur le canal de Briarre pour leur ayder à empescher le submergement dud bateau, cependant malgré les soins et les peines qu’ils se sont tous donnés pour l’éviter, ils n’ont pû empescher que ce mesme bateau chargé de fayance n’ait coullé à fond. Et nous dits notaire et tesmoins ayant examiné l’endroit où est ledit bateau nous avons vû le bout de peaute dudit bateau qui paroisssoit un peu hors de l’eau avec deux batons qui paroissoient être atachez aud bateau qui flotoient sur l’eau ce qui marque évidamment que led bateau est entièrement à fond, et en procédant au présent procès verbal sont comparus haut et puissant seigneur Monseigneur André de Gironde Comte de Buron, Dambrief, seigneur d’Ecury Soissons et autres lieux, et en partye des Dammemarie Champoulet et du canal de Loire en Seine, grand échanson de France, lieutenant général pour le Roy au gouvernement de l’Isle de France, demeurant à Paris en son hôtel rüe des Saints Pères fauxbourg Saint Germain, sieur Pierre Roux marchand voiturier par eaue demeurant au Veurdre sur lAllier, sieur Allexandre Lutton marchand demeurant à Briarre sieur François Musset aussy marchand demeurant à Briarre sieur Pierre Chollet marchand voiturier par eau demeurant à Orléans et sieur Claude Citerne du même état demeurant à Limoux en Auvergne étans tous de présent sur le bord de lad écluse de Rivotte.

Qui ont atesté et déclaré audit notaire et tesmoin avoir vu couller à fond ledit bateau à l’endroit cy dessus ce que ledit Boyer avec tout le monde de son équipe et ceux qui étoient acourus pour leur donner secours.se sont donnés beaucoup de mouvements et de peines pour en empescher, desquelles déclarations dilligences et attestations cy dessus ledit Boyer a requis lequel acte qui luy a esté octroyé.

Déclarant ledit Boyer qu’il entend faire rellever incessamment ledit bateau affin de le recouvrer avec touttes lesd marchandises s’il est possible à l’effet de quoy il a fait venir plusieurs personnes avec des mâts  et autres équipages de la ville de Gien nécessaires pour le faire rellever que nous notaire et témoins avons vu arriver à l’endroit où est coullé à fond led bateau.

Protestant ledit Boyer de n’être aucunement tenû ny responsable de la perte des marchandises que l’eau auroit pû emmené et d’autres qui auroient et pouront être cassez emportez par l’eau ou coulés à fond tant en rellevant le bateau qu’autrement même de répéter contre les marchands tous les frais et débourés qu’il a fait et fera pour rellever led bateau et tirer lesd marchandises de l’eau frais de séjour et autres frais et deppences à cete occasion pour quoy et pour se faire payer du tout ainsy que de ses voitures ce que de raison et se réserve tous ses droits actions et privilèges sur les marchandises.

Ce fut fait et passé lesd jour et an à Rivotte en la maison du sr Lemaitre pr de Briarre en présence de Me Dominique Grenot directeur des Coches et Commissaire général des magazins de Briarre et dudit sieur Loüis  Lemaitre charpentier pour Messieurs du Canal de Briarre demeurant audit Rivotte l’un et l’autre paroisse de Briarre témoins.

signatures

Et le cinquième jour de novembre ensuivant audit an mil sept cent trente neuf heure de six à sept du soir pardevant et en l’étude dudit notaire soussigné est comparu les Sr Boyer md voiturier dénomé au procès verbal cy dessus et des autres parts estant de présant en cette ville où il passe pour conduire ses bateaux lequel a déclaré que depuis ledit jour vingt neuf d’octobre jusqu’à mardy dernier trois du présent mois il a toujour été à travailler avec un nombre considérable de personnes à relever le bateau chargé de faillence coullé à fond en la rivière de Loire vis à vis la chevret de Rivot première écluse du canal de Briarre et duquel il est parlé au procès verbal cy dessus que pour en effet il auroit fait conduire à costé de ce même bateau deux autres bateaux sur lesquels on amis six mâts en travers qui passoient sur celluy qui estoit à fond, qu’ensuitte on auroit passé par dessus ce même bateau six cables dont les bouts de chacun ont été atachée à chascuns des six mats après quoy  on auroit tourné les dits mats en virant les cables autour d’iceux en sorte que ces cordes puissent mettre à fleur d’eau ce bateaux chargé qui étoit afond mais la rivière ayant toujours continué d’être fort grande elle auroit amenné à cet endroit dud bateau  beaucoup de sable qui s’est amassé autour dud bateau dans lequel il est aussy entré de façon que celluy qui est autour latache pour ainsy dire contre terre et l’autre sable qu’est dedans lapesentie considérablement, il a été de tout impossibilité de le pouvoir ellever de terre quoy qu’il se soit cassé deux cables de grosse cordes toutte neuve, les deux bateaux qui étoient à chascun costé dud bateau à fond étans prests d’aller aussy à fond par la pesanteur d’icelluy qu’on voulloit rellever, et ayants même emporté le derrière dud bateau qui s’est déchiré par la force avec laquelle on tachait de le lever de terre, led Sr Boyer après avoir passé plusieurs jours avec vingt vingt cinq et trente personnes à ce pénible ouvrage et s’estant servy d’autres moyens et machines pour rellever led bateau à la veue et en la présence du sieur Prizy de Chatel fils de lad Dame Prizy de Nevers dénomé aud procès verbal, de monseigneur le Comte de Buron qui a mesme fait prester quelques équipages pour relever led bateau, et aussy en la présence de quantité de personnes de la ville de Briarre voyant que le tout étoit inutille que même il estoit plus avantageux de laisser led bateau où il est que dessayer davantage à le rellever puisqu’il se déchiroit en pièce en voullant le rellever, que s’il pouvoit rester en place la rivière qui est extremant grande venant à diminuer pouroit donner de plus facile moyens de retourner lesdittes marchandises de fayances qui sont dans led bateau au cas que l’eau ne les emmène pas, c’est pourquoy il a pris le partie de continuer son voyage et de conduire ses autres bateaux à l’endroit de leur destination .

Ce fait ledit Sr Boyer se réserve ses droits et actions pour répéter contre qui il appartiendra ses voitures et les frais qu’il a fait pour tacher à rellever led bateau lesquels frais montent à plus de deux cent livres dont il fournira les mémoires, et au surplus a réitérer les protestations qu’il a faittes aud procès verbal, déclarent aussy qu’il a eu tous les soins et touttes les peines inimaginables pour tacher à rellever  led batteau qu’ainsy il ne luy doit être jmputé aucune négligence au moyen de quoy il ne peut être aucunement garand ny responsable desd marchandises dont et de quoy il a requis le présent acte qui fut fait et passé aud Gien estude

Après midy présence Jean Boisson couvreur et Jean Ouvré tonnelier aud Gien y demeurant tesmoins ;

Signatures

AD 45 3E 5079

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